• Marine André

Au loin des dalles alcoolisées

J’me fais mon histoire

Seule

J’t’écris et


Le silence


Y’a pas d’place pour les failles

Y’a pas d’place pour les regrets

Parce que

Jamais


Tu vois

Tout c’qu’on a remis à demain

Et si y’en avait pas


Qu’on a été cons

Quand même

Tu l’as dit toi-même

La pudeur en cavale

Tu l’as écrit

Tu t’en mords les mains

J’sais

Y’a plus de demain


Demain ce s’ra quand

Je perds mon enfant

J’voudrais dessiner

J’voudrais tout figer

Et décélérer

Demain ce s’ra quand

Le temps s’est cessé lui-même

Il s’est puni d’aller trop vite

Ces temps

Ce Temps


J’peux pas venir te voir

J’te ret’rouv’rai pas sous les étoiles

Ni sur les dalles alcoolisées d’un bar

Tu m’vol’ras plus tous mes baisers

Plus que des larmes dessalées

C’est acté


Et

On

Avait

Dit

Demain

On avait dit on a le temps

Qu’on allait voir en Doucement

Et faut rêver plus grand

Mais le ciel n’est plus bleu

Et les autres on s’en fout

Qu’est ce que ça faisait ce qu’ils pensent

Qu’est c’que ça fera ce qu’ils vengent

Leurs frustrations

Leurs étriqués

Qu’est c’qu’on s’en foutra tu verras

Y’a plus de Monde

Y’a plus de Monde


Si l’Amour gronde

Tu vagabondes

Dans mes souvenirs

Récents

Et dans mes nuits tu es facile

Sans raison mais plein de nos rires

On était deux tristes ensemble

Et ça nous rendait en éclat

Sur les joues et dans les

Plus-bas


J’peux pas venir te voir

J’te ret’rouv’rai pas sous les étoiles

Ni sur les dalles alcoolisées d’un bar

Tu m’vol’ras plus de baisers

Plus que des larmes dessalées

C’est acté


Et puis

Et puis tu voudras me chercher

T’as pas besoin d’le dire

L’heure où le Monde recommenc’ra

Si l’Amour gronde

Si le silence nous sonde

Si la tendresse t’est féconde

Est-c’qu’on se trouvera

Est c’que tu s’ras le même

Est c’que j’aimerais encore le goût de tes cernes

Tes cernes de Concerne sous tes grands yeux parfois

Tes yeux souvent trop sombres

Et qui forcent à sourire

Oui

Oui

Je crois qu’évidemment

Et puis

Et puis

Je meurs de ton visage

Et j’ai lavé nos draps

Qu’est c’que ça coûte de vivre en suspension

De ne plus respirer

De te savoir plonger

Là-bas

Dans un décor que je n’sais pas


Mon âme improbable

Mon âme insondable

J’n’peux pas venir te voir

Et seuls tes mots sont le miroir de ton profond

Et le silence me crève parce qu’il veut dire souffrance

La tienne mais sans mes mains

Mais j’te ret’rouv’rai sous les étoiles

Dans ce Monde ou dans l’Autre

T’es arrivée et c’est comme ça

Y’a pas de choix


On dit les lignes que d’autres avaient liées pour nous

On vide les histoires les plus belles

Et puis on en écrit nous-mêmes

Qui mène la danse

Quand on s’offense

Des attirances incontrôlables

Mon âme improbable

Si l’Amour gronde

Tu vagabondes

Et jusqu’à mon creux

Pieu

Tu viendras


Et tu me trouveras

Je t’attendrai sous l’étoile qui brille

La seule qui est encore Soleil

C’est celle qui nous avait soudé

Et puis si on dit des gros mots

C’est bien parc’qu’ils sont gros

Qu’on les a inventé

Alors il faut oser

Les définir c’est dépasser

Il faut les vivre à s’en brûler

Il faut les vivre à s’en calmer

Si l’Amour gronde

On s’ret’rouv’ra sous les étoiles

Celles du ciel et des esprits

Celles des Soleils des incompris

Quand le Monde sera moins poli

Et que tes doigts me chercheront


Y’a pas d’place pour les failles

Y’a pas d’place pour les regrets

Parce qu’on va vivre comme des fous

Quand le Demain existera

Y’a pas d’place pour les failles

Y’a pas d’place pour les regrets


Et on ira tous deux se voir

On s’collera sous les étoiles

Et je t’offrirai mes baisers

Et toi tes caresses embuées

C’est acté