• Marine André

Retournement

Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas

Et

Tu as mis le silence en veste

Lancé ton chapeau de mémoires

Pieds nus dans notre flaque de larmes

Qui laisse des traces au

Derrière toi


Je portais une robe belle de sérénité

Et tu ne l’as pas vu


Tu as dit

Je pars

Et ne me retournerai pas

Alors pourquoi

Dis

Pourquoi regardes-tu sous ton aisselle

Tu traînes le genou sans sa peau

Rongée

Des échos de tous les possibles


Je l’ai conservée dans mon ventre



Tu as dit

Je pars

Et

Je ne te suivrai pas

Monsieur Petit Poucet aux cailloux de désolation que je feins de ne jamais voir

Les miettes du pain qu’on a pétri

Et que tu sèmes dans le grand vide sont des graines de complicité

Je ne peux pas les arroser

Et

Regarde

Elles fleurissent de Perce-coeurs

Asséchées des baisers de nos lèvres hier emmêlées qui

Sûrement

Les transformeraient en Amour

Mais

Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas

Et

Je ne te suivrai pas

La route est trop semée d’embûches

Toi seul peux prendre le chemin

Revenir sur tes empreintes

Sans te blesser

Tu seras sûr


Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas

Et

Tu sèmes des tendresses masquées d’indifférence

Il pleut de la colère en orage électrique

Et

Fort

Et tu te noies un peu

Sous le poids de ces vêtements de mots que nous n’avons pas dits et qui collent à tes os

Tu t’essouffles

Et

Vas

Je ne regarde plus

Quelques brasses de mensonges

Et tu t’éloigneras pour mieux

Peut-être

Pour mieux t’en mal-sortir


Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas


Et

Tu es venu plus obsédant encore

Hanter le vent de tes cheveux

Que tu avais coupés

Plus tôt

Et qui violent mes songes dans les nuits

Chatouillant l’impossible oubli

Sans rire


Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas

Alors je t’ai regardé dire

Et je t’ai écouté partir

La dichotomie faisait sens

Tu la portais là sur ton coeur

Emmaillotée de soie-tristesse


Tu as dit je pars

Et ne me retournerai pas


Moi

Je suis là

La confiance m’a enracinée

Et j’attends qu’on vienne me couper

Dans le vent je tangue

Je valse

Je plie

Et

Moi non plus

Voilà

En uniforme de douceur

Je ne me retournerai pas


Photo brute de Louis DC

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